J’ai la chance de voir depuis ma maison la chaine de Belledonne ; un paysage qui change avec le temps et avec mon humeur. Les montagnes d’ici et du bout du monde dont la naissance a façonné la Terre ont pour moi une grande résonnance.
C’est là ou, sous nos latitudes, sont les glaciers avec leurs attraits et leurs paysages ; des glaciers qui souffrent du réchauffement climatique causé par les émissions de gaz « à effet de serre » et dont le retrait est un signal d’alarme annonçant un impact planétaire pour ce qui est l’un des grands défis posés à notre société. Pourtant lors des couchers et levers de soleil la beauté de nos montagnes encore enneigées ne donnent pas l’image d’une planète en danger et de l’urgence de préserver notre environnement ; ce qui devrait être une priorité jusqu’ici toujours repoussée derrière d’autres urgences .

Retombées des tests nucléaires, découverte du trou d’ozone, envolée des teneurs de l’air en gaz carbonique….C’est dans les glaces lointaines du bout de notre monde civilisé que j’ai acquis la conviction de la dégradation de l’environnement dans lequel nous vivons. Au cours de campagnes d’exploration en Antarctique, il y a 50 ans, l’on pouvait alors découvrir l’existence de montagnes jusqu’alors inconnues ; voir figurer dans l’atlas américain un mont Lorius est un privilège qui marque en tout cas ma carrière de « chercheur des glaces ».
Merci à Montanea de diffuser cette culture de la nature qui concerne des zones sensibles, les montagnes d’ici et d’ailleurs.

Claude Lorius.